150 ans de la destruction de l’ancien Temple Neuf

Dans la nuit du 24 au 25 août 1870, alors que la guerre de 1870 oppose la France et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse, des obus incendiaires pleuvent sur la ville et frappe le Temple Neuf de plein fouet. Sa riche bibliothèque – qui contenait, entre autres, le célèbre Hortus deliciarum d’Herrade de Hohenbourg – est réduite à néant.

Pour faire mémoire de ce fait important de l’histoire du Temple Neuf, une exposition, un culte commémoratif et un concert vous sont proposés.

Un peu d’histoire

1260-1531 : Église des Dominicains de Strasbourg.
2e plus grande église de la ville, la Predigerkirche («église des Prêcheurs») était le lieu d’enseignement de Maître Eckhart (1314/24) et de fr. Jean Tauler (1325/61).

1540-53 (Chœur) : Église des étrangers et réfugiés protestants de langue française ; lieu de prédication du pasteur Jean Calvin (1538-41)qui y met en œuvre la première édition du « Psautier huguenot » de 1539.

1590 (Chœur) : Installation de la bibliothèque de l’Académie protestante, puis de l’Université ; à partir de 1765 y est adjoint la bibliothèque de la Ville, faisant des collections réunies au Temple Neuf une des plus riches bibliothèques d’Europe.

1681 : «Église neuve» (en allemand Neue Kirche) de la paroisse luthérienne de la Cathédrale, suite au rattachement de Strasbourg à la France par Louis XIV donnant lieu à l’installation d’une nouvelle paroisse catholique à la Cathédrale.

1749 : Jean-André Silbermann (avec son frère Jean- Daniel) construit pour l’église un de ses grands orgues préférés, qu’il montre à W. A. Mozart en 1778.

1793-95 : Le «Temple Neuf» (traduction de Neue Kirche selon les usages de vieille France) est transformé en porcherie pendant les années de Terreur de la Révolution française.

1802 : Après la réorganisation des cultes protestants selon les «Articles organiques», le Temple Neuf devient l’église métropolitaine du protestantisme luthérien en France, dédiée aux cérémonies officielles.

24 août 1870 : Dans les premiers jours de la guerre de 1870, Strasbourg est bombardé avant d’être assiégé par des troupes du Wurtemberg et de Bade, sous commandement prussien. Dans la nuit du 24 au 25 août, l’église avec l’orgue ainsi que la bibliothèque périssent dans le feu provoqué par des obus incendiaires, tirés
des hauteurs de Schiltigheim, en même temps que le musée des Beaux-Arts (Aubette), l’hôtel de ville, l’œuvre Notre-Dame, puis la nef de la Cathédrale, le théâtre, la préfecture et les faubourgs nord-ouest.