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Bonjour à ma chère paroisse.
Voilà, comme le sait déjà Claire-Lyse, nous allons recevoir un cadeau merveilleux dans notre petite vie au Canada. En effet, au alentour de la fin Mai, un petit garçon du nom de Kerwan ( c'est encore sous condition pour le prénom... ) va entrer dans notre vie. Je vous avoue que c'est tout un changement pour nous et que je suis un peu affolé par l'ampleur des obligations que cela impose mais en même temps si heureux que cela nous arrive. Je dois vous avoué que c'est aussi un beau signe puisque cela arrive au date du décès de ma mère et que je vois le destin dans ces signes... Bon trêve de mise en contexte, si je vous contacte c'est que je me pose des questions par rapport au Baptême. Nous venons à Noël prochain et je me posai la question si nous devions baptiser notre enfant. Anna n'y est pas opposée et moi non plus, c'est juste que pour avoir connu le baptême avec une vision d'adulte, comment un enfant pourrait il exprimer son amour à Dieu étant si petit. Si vous avez quelques minutes pour en discuter ça serait super.
Merci d'avance =)
Un petit coucou du Canada!
Bonjour Mathias.
Tout d'abord, félicitation pour cet heureux événement en perspective !
La question que tu te poses est celle du baptême des enfants pratiqué dans certaines églises. Il est vrai que toutes les églises ne pratiquent pas le baptême des enfants notamment dans les milieux charismatiques.
Dans les premiers siècles du christianisme, on ne pratiquait pas vraiment le baptême des enfants. Le monde ambiant était essentiellement païen et le christianisme interdit. Il fallait donc faire attention lorsqu'une personne souhaitait faire partie de la communauté. C'est pourquoi il fallait un parrain qui se porte garant de la personne. Ainsi, les gens qui voulaient faire partie de la communauté devaient tout d'abord recevoir un enseignement, le catéchisme et le baptême en est l'aboutissement. Il marque l'entrée du croyant dans l'Église. À cette époque, on parle surtout de baptême de conversion. L'enjeu était de faire grandir la communauté.
Plus tard, une fois que la communauté chrétienne fut bien établie et ne risquait plus de disparaître, il s'est posé une question. La mortalité infantile était importante et on se demandait si les enfants non baptisés avaient accès au Royaume. Ainsi, on a pratiqué le baptême des enfants.
Voilà pour le côté historique du baptême. Ce ne sont que de très grandes lignes et c'est bien évidemment plus complexe que ça.
Maintenant, d'un point de vue théologique, le baptême est un sacrement, c'est à dire qu'il a une dimension extraordinaire. C'est quelque chose qui va au-delà de ce que l'homme peut concevoir. C'est un moment de communion avec Dieu bien particulier dans la foi. Il est légitime de se poser la question du baptême d'un enfant car on a l'impression de lui prendre une partie de sa liberté. Cependant, ce n'est pas prendre quelque chose qui aurait dû lui appartenir, mais c'est lui donner quelque chose de supplémentaire. C'est le don du baptême. De plus, il ne perd pas sa liberté car ce sera à lui plus tard, avec sa conscience et ou sa foi de confirmer ou non son baptême lors de la confirmation.
D'autre part, le baptême ne se fait pas uniquement entre Dieu et le baptisé, mais également avec le reste de la communauté, l'Église. Tout comme le prénom nomme la personne comme un autre, le baptême nomme l'homme comme un enfant de Dieu, un autre dans l'Église. Il est alors reconnu comme un membre d'une même grande famille. On peut ainsi comprendre qu'il peut être important pour des parents de dire au reste de la communauté et à Dieu : 'Voici mon enfant et il fait parti de notre grande famille'.
Enfin, comment peut-il exprimer son amour à Dieu en étant si petit ? Je pense qu'il est beaucoup plus difficile pour un adulte d'exprimer son amour à Dieu que pour un enfant qui n'est pas autant confronté au monde. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'a pas le même recul que peut avoir un adulte. De ce fait, les choses qu'il exprime sont beaucoup plus vraie et généralement plus justes (jusqu'à un certain âge). Je dirais qu'il n'a pas vraiment besoin d'exprimer son amour à Dieu, sa vie en elle-même exprime déjà beaucoup de choses.
Exprimer son amour à Dieu ne se fait pas que avec des mots, mais c'est notre vie entière, à tout instant qui l'exprime. Avec toutes les complexités et contradictions que nous avons en nous. Il trouvera probablement sa façon à lui d'exprimer son amour à Dieu car la relation à Dieu est individuelle et directe et nous ne pouvons comprendre comment cet amour s'exprime dans le cœur de chacun. De plus, c'est votre relation à Dieu, ou du moins votre vie qu'il aura comme modèle direct. Et votre vie sera déjà pour lui un exemple de témoignage de la foi. Il en gardera ce qu'il veut et il l'exprimera comme il veut.
Il y aurait encore plein de choses à dire et à prendre en considérations, mais j'ai tenté de te présenter quelques éléments qui entrent en jeu dans cette question. Question qui se pose tous les jours dans notre vie, et à tous âges...
Cordialement.
Benjamin.
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Paroisse protestante de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Moselle
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