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Autour de l’oeuf
Dans le Kalevala, livre de la grande tradition finlandaise, le monde est né de l'œuf. La coutume de l'œuf de Pâques a été constatée chez les chrétiens coptes dès la fin du xe siècle. En France, les textes qui parlent de cette tradition concernent l'Alsace et remontent au xve siècle.
Depuis l’antiquité, les découvertes dans les pyramides égyptiennes et à Ur l’attestent, et sur toute la terre, l’œuf est considéré comme le symbole de la vie cachée, enfouie, enfermée dans quelque chose d’inerte bien que fragile, vie qui surgit un jour ; l’œuf = le caillou fertile ; l’œuf = la vie animale, chaude, palpitante au cœur du règne minéral froid ; l’œuf = un cœur qui bat dans une enveloppe de pierre ; l’œuf = une promesse de vie. Pour que le poussin puisse vivre, il doit casser sa coquille, à ce moment-là, cassé, détruit, l’œuf n’existe plus mais le poussin est vivant, il accède à une nouvelle forme de vie, il vit autrement. Par analogie, nous pouvons dire que Jésus est passé par la mort, enfermé dans un tombeau ; la pierre roulée, il a vaincu cet enfermement, ressuscité, il vit autrement, plus rien, plus aucune barrière ne peut le séparer de chaque croyant. Il est cependant admis que l'origine deÒs œufs de Pâques date de l'instauration du carême. L'Eglise interdit la consommation d'œufs pendant cette période de quarante jours. En effet, depuis que le Carême est entré dans les traditions de l’Eglise (première mention dans le canon 5 des actes du Concile de Nicée en 325), les catéchumènes qui se préparaient à recevoir le baptême le jour ou plutôt la nuit de Pâques devaient observer le jeûne pendant les 40 jours qui le précédaient. Vers le VI° siècle, toute la communauté a été incitée à respecter ce jeûne de 40 jours en mémorial des 40 jours de Jésus au désert. Parmi les aliments strictement interdits pendant cette période, l’œuf figure en haut de liste pour des raisons évidentes. Il s'agissait donc à l'issue du jeûne de consommer les œufs qui s'étaient accumulés pendant le carême, en les mangeant normalement pour les plus récents et en les cuisant puis en les décorant pour les plus vieux. On peut aussi penser que l’œuf avait un rôle liturgique chez les premiers chrétiens, à la manière de l'œuf sur le Séder pascal du judaïsme. L’œuf a une place importante sur la table du séder (cf. document : Approche de la Pâque juive). Cet œuf dur, noirci sur une face, a pour fonction de rappeler la désolation, la dureté de l’esclavage ; cet œuf sur le séder rappelle aussi le sacrifice au Temple de Jérusalem, l’agneau qu’on ne peut plus offrir parce que le Temple a été détruit. Ainsi, dans le symbolisme juif, l’œuf, dur, a généralement une valeur de deuil, c’est quelque chose qui n’a pas encore la vie, c’est une vie avortée. A preuves le fait qu'au XVII° siècle l'ouverture des catacombes chrétiennes de la Rome du III° siècle permit d'y retrouver des milliers de coquilles d'œuf et surtout les témoignages sur le fait que des bourreaux romains enfoncèrent parfois des œufs de pierre brûlante dans la gorge des martyrs chrétiens; il est clair qu'ils visaient à les martyriser par leur propre symbole. Les œufs sont aussi un symbole utilisé dans les pays orthodoxes. Ils symbolisent la résurrection du Christ et sa sortie du tombeau, comme le poussin sort de l'œuf. Ils sont peints en rouge et décorés de motifs vifs. Ils ont toutes les tailles et sont souvent en bois ou en pierre polie, certains sont de véritables œuvres d'art. Il est de tradition d'en échanger avec ses proches le jour de Pâques, en se saluant par l'invocation « Christ est ressuscité ! ». En Alsace, en Allemagne, en Suisse et en Autriche, dans la plupart des Länder, les œufs de Pâques sont apportés par le lièvre de Pâques (Osterhase). Il n'y a pas de cloches, très peu de poules mais beaucoup de lapins sous toutes les formes possibles et imaginables. Voici une des origines de cette légende : Une vieille femme sans argent pour acheter des œufs pour ses petits enfants décide alors d'en peindre. Elle les cache dans son jardin. Elle appelle ensuite les enfants et les invite à chercher leurs surprises. Tout à coup, un lapin saute d'un petit nid de brindilles où étaient les œufs. Un enfant crie tout émerveillé : « Le lapin a laissé des œufs peints pour notre surprise de Pâques ! ». En fait, le lapin, très prolifique au printemps, est probablement un symbole de fécondité antérieur au christianisme. À noter qu'en Bavière, le lièvre est remplacé par un coq, en Thuringe et en Westphalie c’est un renard, dans la région de Hanovre, c’est un coucou, au Tyrol c'est la poule. Cette tradition du lapin apportant les œufs de Pâques a émigré au Brésil où elle est encore vivace; l'origine tiendrait à l'immigration germano-suisse débutée par l'empereur du Portugal en 1818, et poursuivie dès 1824 avec 400 immigrants germaniques par l'épouse du premier Empereur du Brésil, qui était l'archiduchesse autrichienne. |
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Paroisse protestante de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Moselle
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